Chers amis, followers, j’ai eu envie de vous donner de mes nouvelles à plus d’une reprise. Mais Tahiti c’est vraiment pas le pays d’internet. A Rangiroa d’ailleurs ils l’appellent Interniet.

M’enfin sur le sujet de la connexion ça bouge un peu, concurrence oblige. Et même ainsi vous seriez verts de voir ce qu’on nous vend pour du haut débit. Comme l’a fait remarquer un chroniqueur radio (rires et chansons Tahiti, sisi) on ne peut pas avoir ce service comme partout ailleurs dans le monde, vu qu’on est pas comme partout ailleurs.

Le 13 novembre à 13 h je me suis dit allez hop un pti coup d’info radio, et j’ai eu le droit au président Hollande déclarer la guerre. Sur les premières mesures je jurerais avoir entendu Sarko, et puis non, Toumou entendra le lendemain un gonz de droite dire :

Vous avez dit que c’était la guerre eh bien faites là

Si c’est pas puant. Que n’a-t-il dit

… Eh bien faisons là

Du coup une cop21 et des élections sur fond d’état d’urgence, si c’est pas bien tombé pour les contestataires.

Toujours à la radio j’ai entendu un gonz dire que ces négociations sur le climat ne devraient pas être menées par des croulants qui seront crevés dans 20 ans.

Il n’empêche que ces négociateurs ont du en faire une de ces chouilles avec leur truc historique.

Bon, bon, je ne suis pas mort. J’ai un beau jardin dans la montagne, et je me suis tapé une super infection du côté de l’orteil gauche. Mon jardin c’est la pluie qui arrose et il a eu plus que son compte. Vraiment le confort, ça manque, mais y’a tant de contreparties à vivre dans la frange de la frange que je prends mon partie de quelques boutons, un peu partout faut dire ce qui est.

Allez je vais lire un peu la communauté et puis cette nuit avant de retourner, je vous fais un pti billet.

 

 

 

[…]Avant que le mot Religion se fût introduit dans le monde, on n’était obligé qu’à suivre la loi naturelle, c’est-à-dire à se conformer à la droite raison. Ce seul instinct était le lien auquel les hommes étaient attachés ; et ce lien, tout simple qu’il est, les unissait de telle sorte que les divisions étaient rares. Mais dès que la crainte eût fait soupçonner qu’il y a des Dieux et des Puissances invisibles, ils s’élèvent des autels à ces êtres imaginaires, et, secouant le joug de la nature et de la raison, ils se lièrent par de vaines cérémonies et par un culte superstitieux aux vains fantômes de l’imagination.

 

Quoi qu’il en soit de cette multitude de Divinités, ceux chez qui elles ont été adorées et qu’on nomme Païens, n’avaient point de système général de Religion. Chaque République, chaque Etat, chaque ville et chaque particulier avait ses rites propres et pensait de la Divinité à sa fantaisie. Mais il s’est élevé par la suite des législateurs plus fourbes que les premiers, qui ont employé des moyens plus étudiés et plus sûrs en donnant des lois, des cultes […].

 

Page 26 vient l’annonce de l’examen des 3 législateurs qui ont balayé le paganisme. Moïse, Jésus et Mahomet. Super d’actualité çà non ? Je me suis bien marré avec Saucisson, j’espère que vous aussi, lui non plus n’est pas Charlie. Rien ne me ferait plus plaisir de linker proprement, ça rame vraiment trop pour employer la routine de copie d’@dresse depuis l’historique de navigation. Comme j’ai titré plus tôt vous avez des doigts pour la plupart. Et je ne veux pas croire qu’un lien est plus alléchant quand il suffit de cliquer dessus.

 

Pour en revenir à ce traité des 3 imposteurs, vu l’époque je pourrais bien prendre ce qui va constituer toute la matière de l’examen pour une nouvelle mythologie, mais j’hésite. Je ne sais toujours pas comment, ni même pourquoi s’inquiéter de vérifier l’invérifiable. La démonstration proposée n’est pas encore disponible sur youtube, m’enfin ça pourrait peut-être servir en cours de laïcité (blague de Troll, je crois).

 

Vraiment ce pdf m’amuse beaucoup, je me demande si les anecdotes qui y sont relatées sont bonnes pour la notoriété publique. Avec ça et le poids des convictions expliqué par Ploum ou JP Petit, yoananda disparu… ; je me range à l’avis de l’ami Nourantin, ça se délite sévère. Faudra que je passe voir les nouvelles de la sobriété heureuse de Pierre Rabbi. J’ai entendu sur l’intertube sonner le glas pour les zones blanches de l’hexagone et je l’avoue volontiers, j’ai souri. Si ça se trouve l’homme prend déjà ses pti dèj en flânant sur fb…

 

Mon bon ami, cher lecteur, j’ai un fort à priori négatif pour la révolution vidéo qu’on nous chante partout histoire de dealer des gadgets. Mon à priori négatif va à l’extraction de l’homme des conditions des vies qui lui sont naturelles. Est-ce seulement parce qu’il en faut pour tous les goûts et tous les âges, et tout le temps de la nouveauté, que j’ai constaté, comme vous, l’avalanche sous quoi le câble et les écrans nous enseveli ?

 

Avec nous nos fils et nos compagnes !

 

 

Ca m’embête quand même un peu toutes ces fautes de frappe dans ce traité des 3 imposteurs, on dirait de temps en temps une erreur de reconnaissance de caractère mais pas toujours, là nous avons le l et le m qui sont voisins sur le clavier, et un sens de phrase altéré :

 

Voilà quel fut Moïse en Egypte, où il eut tout le temps et mes moyens d’étudier les moeurs des Egyptiens et de ceux de sa nation, leurs passions dominantes, […]

 

Je sais que c’est dur moi-même y échouant vu qu’y a pas que l’écriture et la lecture dans la vie, mais faut se relire surtout quand on fait tout un foin de la qualité de son travail et qu’on entend le protéger de toute reproduction ; c’est mon avis. Se relire et puis demander à quelqu’un d’y jeter un œil.

 

Dans ce pdf je retrouve ce que j’avais découvert chez Isaac Asimov, qui sûrement le tenait d’un autre, où l’ignorance et l’inertie des peuples sont la meilleure protection des gouvernants. Non seulement çà mais que pour l’homme le sens de la vie se résume à exercer son pouvoir.

 

Paraît-il le travail disparaît, et c’est le robot abeille de Goggle qui va se charger de tenir l’apocalypse à distance (j’ai vu la pub, elles ne piquent pas les enfants qui lisent dans l’herbe haute). On n’a pas fini de chanter « laissez la place aux jeunes », dommage je trouve ça con et, pour couronner, elle se chante très régulièrement à Tahiti ; si vous voyiez l’état des jeunes par içi. Quand je pense qu’on n’a pas fini non plus d’expérimenter.

 

 

J’espère que vous connaissez tous la youtube vidéo conférence d’un petit gros chauve, habillé en noir. Ce n’est pas si long mais laissez-moi vous indiquer que la première question qui fuse de l’assemblée après la présentation de ce qui va se dire est de toute beauté. Ce genre de beauté qui ne marque pas la mémoire mais qui fait son effet à chaque rencontre. Promis. Ensuite et bien le gars connaît son sujet et il anime plutôt pas mal. Il arrive même à faire tomber les mâchoires les plus averties. Je crois que le Lord en parle admirablement bien dans un de ces billets. Mieux que moi toujours mais il n’a pas biberonné autant de récré A2 que votre serviteur. D’autres se joignent à la lutte, je les salue au passage.

 

Page 37 ça accuse de plagiat à tours de bras et je me demande si un spécialiste catholique par exemple n’y lirait rien de bon. Quoiqu’il en soit l’auteur s’amuse beaucoup, je finis donc par considérer qu’en matière de religion, peu importe le nom qu’elle porte l’important c’est de participer.

Début page 41, il en finit avec JC pour passer à Mahomet. Ca se lit bien, mais c’est un peu alambiqué tout de même.

 

Mahomet n’était pas un homme qui parut propre à fonder un Empire, il n’excellait ni en politique, ni en philosophie ; il ne savait ni lire ni écrire.

Incroyable !!

La Mouette fait sa une avec des vidéos, ce qui suit n’est pas une pierre : toujours pas client non merci, le Lord merde j’ai zappé, Pakounta… Finalement c’est ce dernier sur lequel je me suis arrêté à ma cyber Poste, j’ai ri devant sa justesse de ton, quelle diatribe, ça devrait être payant…

 

Mais que n’ai-je été lire un Œil et les autres infos du nain ou yoananda, vraiment cette volupté de choix dans le RSS de l’ami Corto, et tellement plus un peu partout pour qui a du temps, si c’est pas pour nous noyer…

 

Il serait bien vain d’entamer un couplet de justification pour la voie océano-rurale que j’emprunte, je sais comme tout le monde n’est pas taillé, ou disposé à s’aventurer. A remarquer tout de même qu’une bonne partie de ce tout le monde là ne saisit pas bien à quoi tient son approvisionnement en nourriture, quant à sa qualité, y’a une foule de liens pour qui veut se faire frémir.

 

Cette voie rurale, où je me retrouve presque étranger deux fois, ne va pas sans le danger, l’insécurité quant aux lendemains, le moral d’acier qui périodiquement se détrempe et la dépense physique d’une vie de chasse et de feux de bois qui passe les bornes de la mesure très régulièrement, c’est loin d’être du survivalisme de lundi à lundi cependant, entre le grand air, l’océan et la montagne, l’apnée les palmes et le vélo, pour ne citer qu’eux, ça vous émousse vite un internaute.

 

Ma main a désenflé durant que je faisais des crêpes, des photos. Lors j’attends le coup de téléphone d’un over pote de fac, le bougre te fb qu’il t’appelle «dans la journée » Laquelle ? Mystère, et puis rien. Bougre qui bosse sur un yacht, je veux bien croire qu’il n’a pas la liberté de son indien de pote. M’enfin un coup de fil … , je sens qu’on va se jouer une version de la fable du chien et du lupus de Jean. Quand il aura quartier libre à priori.

 

Cette rencontre qu’il m’a promise c’est de la science fiction, j’y crois mais fini le coup de fil. Une petite vingtaine d’années depuis mes cheveux longs et la réponse à tout me sépare de ce type avec qui j’ai fomenté pas mal de nouveaux mondes. Plus facile à se rappeler qu’à écrire, il me détruisait au Risk et aux échecs. Ah que la vie est bonne, ce va être délicieux, mais ce n’est pas fait.

 

Je ne sais pas si vous savez mais vous pouvez débarquer à Tahiti et prendre le bus vers la presqu’île sans passer par aucun ukulele ou collier de fleurs. Peu importe le sens que vous choisissez après 40 kilomètres de route la capitale dans le dos, vous pouvez stopper et au pif choisir un chemin côté montagne demander gîte et couvert. Il n’y aura pas de room service, vous vous sentirez peut-être obligé de vider vos poches surtout si vous êtes un minimum préparé ; connaîtrez alors la vie aux rythmes naturels, tous ces fruits que je voudrais voir en poème. Et les ravages de la société de consommation (tada). Pourquoi pas côté mer ? Question de pression, ce n’est pas une règle, ça peut marcher aussi, mais les gens sont moins ouverts. Convenez qu’au premier abord les apparences comptent…

 

Avec leurs histoires de développement touristique à revoir, plutôt que de faire machine arrière sur la priorité au 5 étoiles, ils vous pondent un mahana beach ( plage du soleil en tahiglais ). Alors qu’il y a sous leur pif une niche béante pour le tourisme sobre que d’aucuns disent vert et qui profiterait plus aux participants qu’aux organisateurs.

 

Mais je me suis laissé dire que dans le Plan mondial du bonheur l’Océanie c’est une réserve qui ne se révèlera au plus grand monde qu’en son heure ; en attendant qu’il se fasse tard ça fait du gras par içi, avec vos sous. Bonjour chez vous si vous vous laissez happer par les offres d’hébergement en hôtellerie, vous n’avez alors, et tout juste, QUE ce que l’argent vous paye, et on voudra savoir trois choses de vous en supplément, comment tu t’appelles, d’où tu viens et quand est-ce que tu pars. C’est un peu caustique d’y voir un paradis…

 

Bien sûr tout n’est pas mensonge et prêt à se pâmer sur du réchauffé. Choisissez dans votre itinérance un atoll et une île haute c’est la règle de base, les avions sont faits pour çà. Mais si vous n’êtes pas blonde à forte poitrine, soyez audacieux, oubliez la gopro et débarquez sur une des Australes, ou à Tahaa (pas du tout aux Australes), sans solution d’hébergement et un vélo, les gens savent leur farani (prononcer fraani) pour une part et les autres quand ils disent un mot font rire tout le monde, même vous. Souriez, soyez humble et confiant, les gens vous accueilleront d’autant mieux que c’est eux que vous venez visiter.

 

Le miel et le vinaigre c’est ici un peu comme partout, il y a quelques règles de barre et de route que je me ferai un plaisir de vous donner à l’occasion. Elles confinent pour la plupart au bon sens mais certaines choses méritent d’être dites.

 

Pour un francophone, la Polynésie c’est vraiment dépaysant ;) Et il a raison mais l’offre touristique agit comme un filet si fait qu’en cas de voyage standard on en voit peu de ces paysans. Et de loin encore.

 

Pour finir ce billet je voulais partager avec vous le truc pour les guêpes, car après enquête il y en a un. Faut pas bouger. Ce que je vais faire avec çà…

Votre serviteur est de ces pères démissionnés par la distance, volontairement plumitif en matière d’apport pécuniaire, mon ex si tu me lis, voici de mes vraies nouvelles. Aux autres qui avez peut-être jeté un œil à mes centres d’intérêt, voire lu quelques kilomètres de mes paquets de mots, j’écris pour vous principalement, le journal d’un autre parmi toute une foule d’autres certes, cependant, c’est aussi un genre d’aventure !! Parti un peu à l’aventure oui donc j’ai posé mes rêves au dessus du trou 14 de l’international golf d’Atimaono, en pure squatteur parmi les squatteurs.

 

Sauf accident et à cette heure, j’ai mon nouveau lieu qui m’attend un peu plus au fond de la vallée ; les poules n’ont qu’à bien se tenir et les bananiers de Ginette passeront un peu plus régulièrement chez le coiffeur. Voilà pour le cadre.

 

Je veux tout de suite faire état, au cas où d’aucun me connaissant chasseur sous-marin, s’inquièterait de ce que j’exerce toujours, faire état que le lagon est à cet endroit loin du récif mais qu’on y trouve beaucoup de poissons, notamment de délicieux perroquets. Je me suis à force d’aller laissé porter sur un coin devenu mon favori. Je pêche peu, histoire de manger et d’offrir aussi. Au final je pêche souvent.

 

Voilà que ce blog n’émet plus rien de neuf, si tant est que… Faut dire que je vis sans électricité ni sans maison propre dans un quartier rural alors internet et la réinfo… Déjà joli d’avoir une table, une glacière pour s’asseoir ; reste à attendre que le groupe électrogène charge la batterie, je m’en vais vous faire un pti carnet de correspondance. Le temps de quelques photos et la soirée averse promise par la météo a commencé.

 

 

Mon projet est ambitieux et les conditions particulières dans lesquelles je me suis mis m’ont fait avancer dans ma compréhension du concept de gagner sa vie, et que les échecs et les faux départs aient donné de beaux fruits à la veille de l’arrivée de ma fille métropolitaine de 8 ans pour quelques semaines à Tahiti est pour beaucoup dans l’occurrence de ce billet.

 

Par ici, pour peu que tu sois un peu entouré, la nature te donne de quoi bien vivre, parmi toutes ces choses qui changent de la vie salarié j’en chéri une, le tempo.

 

Etre entouré… sous nos latitudes un dicton bien de chez nous s’inverse à ravir pour illustrer la contrainte ilienne. Mieux vaut être mal accompagné que seul. Je peux vous dire que ça donne de fameux tableaux !

 

J’écris donc un peu, me suis payé un peu d’internet, parcouru mes anciens sentiers de lecture, mazette, à 5 Euros de l’heure, j’ai survolé. Quelle misère. Je voudrais bien pouvoir tout lire mais mon nouvel environnement ne s’y prête pas.

 

M’enfin, et du reste, j’ai besoin de repos. Allons-y publions !

 

Que je vous dise, juste avant de m’y mettre j’ai taillé un bananier et lors que j’en découpais un troisième morceaux pour le bien ranger, une vilaine guêpe s’est posée sur ma main gauche. La dernière fois que j’ai eu à faire à cet insecte il était en bande. Los j’ai dévalé la montagne comme un possédé, tressautant à chaque nouvelle piqûre je me suis fait l’effet de ces types dans les films qu’on shoote mais qui refusent de stopper. Je ne vous dis pas le réflexe enseigné dans la douleur ! Là ma serpe a chassé la bête une petite seconde en retard et la piqûre est devenue belle coupure ; merci à mon Ange les dégâts sont très légers en regard de l’engin.

 

J’ai eu de la chance mais j’ai le dos de la main gonflé. C’est marrant ça ne me gêne absolument pas pour patapata (pianoter sur le clavier en tahitien). C’est même marrant à derechef vu qu’en tahitien beurre se dit pata.

 

Ainsi je déménage, je laisse une montagne bien propre sur une hauteur plus que respectable et pour du temps perdu que la chose paraisse, je me suis apaisé en remarquant à nouveau que ce n’est qu’apparence.

 

Pour bel et bon qu’il soit, ce spot où j’ai failli à terminer ma cabane était inadapté à ce projet que j’ai pour les années qui viennent. J’ai pu en trouver un bien meilleur, sans beaucoup plus de garanties de jouissance, mais plus c’est mieux que moins.

 

A l’heure où désormais le temps presse pour offrir à cette enfant qui vient voir son père, un morceau de Polynésie luxuriante que c’est lui qui l’a fait, les choses se présentent bien.

 

Sûrement un effet de ma main gauche enflée, si je savais je vous ferais un poème sur la banane et le ramboutan. La pomme étoile. La pakaille. Les avocats, les citrons les pamplemousses, et encore la banane.

 

Fini la hauteur du trou 14, c’est la joie au cœur que je vais auta (le u se prononce ou). Sur un plateau entouré de brousse, vierge de détritus, antithèse de ce que je quitte, j’y perds du matos de récupération tels bois tôles, vieilles armoires militaires rongées de rouille et déchets ménagers. Traces de civilisation qui sont il faut le souligner mieux rangés que lorsque je suis arrivé…

 

Je ne fais pas la manche lorsque le mois s’étire plus loin que les cordons de ma bourse. Je me suis fait des amis et je profite de ces moments de peu pour augmenter la dose de risque, piquer des chevrettes de nuit dans la rivière très très auta. Dans le lagon flinguer quelques poissons endormis quand la lune n’est pas là, tout ça est essentiellement affaire de météo. Et la liste des possibles est telle que je remercie le sort qui m’a fait arriver là, je dois ressentir des émotions qui ne sont pas dans la chanson d’Ulysse, mais qui l’ont faite.

 

Le principal défaut de ce spot que je laisse, à cheval donné on ne regarde pas les dents, était son voisinage de la route d’accès que tous les riverains empruntent […]. En deux c’est plein sud et ce fait avait conduit mes plans à déplaire. Je n’ai donc jamais pu installer ma grande cloison végétale sur pilotis hauts, merde ç’aurait eu de la gueule.

 

Comme pour poursuivre dans l’antithèse, orienté au levant, le nouveau spot n’a plus de soleil à 14 heures, je vais gagner quelques minutes à la hache.

 

Tout çà rendu possible grâce à une nouvelle bienfaitrice pour voisine, Ginette. Ma présence, je sais comme les choses sont, sera tolérée par la famille tant que Ginette en sera contente. Mais comme elle dit y’aura des jaloux. Alors les choses sont claires si un jaloux vient m’aborder, je lui dis de faire demi-tour et d’aller causer avec Ginette.

 

Je tiens le cadre des vacances de ma petite Eva.

 

Au côté de la maison de mes parents dans la montagne de Pamatai il y a un arbuste qui fait des fleurs blanches, petites, en grappes. A la tombée du jour elles diffusent une odeur qui met un bonne grosse claque à la fleur de tiare. Son parfum à elle a la puissance des Teina, bien trop rares, du moins autour de moi.

 

Piquer les chevrettes c’est remonter la rivière et prospecter les zones de faible courant. La chevrette n’est pas une petite chèvre mais une crevette d’eau douce. Régulièrement, disons plutôt au rythme des cascades, on retourne dans la jungle et là le parfum est proprement envoutant. Dans cette vallée comme du chiendent pousse la fleur savon, elle ne sent presque rien. De texture spongio-gluante elle sert plus à jouer dans la rivière qu’à se laver véritablement. M’enfin votre serviteur a le projet d’en parer sa salle de bains.

 

Je n’ai aucun contact avec Eva mais tout ce que je fais, et défait, quant à mon implantation me fait l’effet d’une répétition avant qu’enfin je la retrouve. Cette petite à qui j’avais souhaité, il est vrai pas à mes frais, une enfance dans la nature océanienne s’en vient jauger de mes progrès pour l’y ramener, en garde alternée comme ils disent. Sauf Trauma on va se faire une balle de camping en famille recomposée, avec « belle-mère » et petit frère (3 ans) ; combien de temps ça c’est suspens pour encore deux mois et des brouettes.

 

Pour le court terme, et ma contribution au piaillement sur la blogosphère, cette entaille au dos de la main va m’écarter de la pêche, plus : je vais soigneusement esquiver de planter mes mains dans la terre le temps de bien récupérer, petits veinards Djefbernier revient vous donner son opinion.

 

Nouvelle formule, interruption pour travaux oblige, je suis hors ligne et cybercafé à la Poste après 4 kilomètres de vélo, un peu d’indulgence mes amis chers lecteurs si vous trouvez que je ne linke pas assez pour être lisible.

 

Mon cher Nourantin, j’ai aimé te voir sur WordPress et lu un peu vite que la résistance pour le pouvoir au bon sens a toujours son porte voix, méchant et fidèle au poste, les pc n’ont qu’à déconner, seule la vie compte (ça c’est du Besson, non pas celui de cette daube de Lucy, celui juste après de le Grand Bleu dans le cinquième élément).

 

Je suis bien enmerdé de ne pouvoir te compter parmi mes dimanches. Et aussi dans le désordre Saucisson Aristide Corto Brebis Lhddt ROR H16, Sannat, Incognitototo, Dessertine, les moutons, Dieudo, Capitaine Enzo, Le buchard, BLH (dans l’ordre pou le coup).

 

La pluie a cessé. Elle m’a donné un bel arc en ciel lors que je respirais à Tatai, face à mon garde-manger.

 

Pour finir il y aurait à dégoiser sur les infos locales, comme de juste y’en a pour tous les goûts. Dans l’air du temps beaucoup de contribuables se plaignent de l’incompétence par ci de l’incompétence par là, et qu’il faut laisser la place aux jeunes, la classe politique servant plus qu’ailleurs de tête de truc. J’ai envie de leur offrir un synonyme, gratos : ignorance.

 

Je ne suis pas Charlie

Publié: 08/01/2015 dans Brèves du Net

L’écroulement d’un monde, page 15, ça vaut son pesant d’entrée en matière, imaginez, page 15… Il nous propose en réponse à une question de prendre le problème à l’envers, en voilà une pirouette : c’est à notre avis la façon la plus intelligente de procéder, on est plus vite rendu au bout… Maître Lordon souffrez que j’ouvre les guillemets :

«  Mais il faudrait prendre le temps d’une analyse complète des mécanismes qui conduisent les médiateurs médiatiques à ne plus rien médiatiser, c’est-à- dire à maintenir dans l’invisibilité les situations sociales et leurs déterminants véritables – dont la seule exhibition suffirait à nourrir de légitimes fureurs –, et laisser inaudibles les analyses critiques – ( reprenez votre souffle l’effet n’en sera que meilleur))à quelques exceptions près systématiquement sous-représentées quand elles ne sont pas par principe déclarées carrément tricardes, à moins qu’on ne leur offre des formats si pauvres qu’elles sont bien certaines de n’avoir aucune chance de « porter ».

L’écroulement… les pensées, ses expériences de pensées, qu’ils jugent oiseuses, pour rire je suppose, sont d’une justesse grand J

« Est-il utile de consacrer un quart d’heure de plus à l’anatomie pathologique du Parti socialiste ? On peut difficilement l’éviter ne serait-ce que dans la perspective de l’élection présidentielle, et pour faire le constat que, pour cette édition, le candidat Hollande s’y prend non pas, comme le commandait jusqu’ici un léger réflexe de vergogne, huit jours avant le deuxième tour, mais huit mois avant le premier pour faire offre d’alliance avec les centristes, péripétie anecdotique au premier abord, mais en fait raccourci fulgurant qui dit tout ou presque de ce qu’il est permis d’attendre d’une hypothétique présidence socialiste en matière de transformation économique et sociale – à savoir rien. »

A A A. Rien, … Il en a accompli des étapes du Roll Back Agenda, merde quand même, c’est un peu exagéré, n’est-ce pas Président ?

Dites-le avec un média, mais compression temporelle oblige, les cinq dernières pages sont à notre avis à lire avant le reste. Elles auraient selon moi le pouvoir d’intéresser au début :

« Tout a déjà été dit sur la compromission historique de la social-démocratie, spécialement française, avec le néolibéralisme mais, pour fermer au plus vite ce lamentable chapitre, on peut tout de même mesurer le degré de faillite historique d’un parti qui ose encore s’appeler « socialiste » à son incapacité à mettre en cause le capitalisme néolibéral au moment où sa crise apoplectique ouvre une fenêtre d’opportunité historique sans équivalent – et l’on finit par se demander quelle sorte d’événement, quel degré de dévastation serait maintenant requis pour qu’en cette matière l’électro-encéphalogramme socialiste émette de nouveau un bip. »

Sûr qu’on se demande///

Et si ce que vous voulez savoir c’est où vous carapater eh bien tentez l’épreuve de considérer la Polynésie (…) comme une terre d’aventure au cœur de la bêtise du fatalisme et de l’ignorance. Certes tout çà en cocktails variés, mais aussi de la gentillesse l’hospitalité et le partage. Mais beaucoup de bêtise quand même vaut mieux être un peu plus que prévenu ;)

Souvenir encore bien frais de la branche, deux discrets hématomes ombrent mes côtes et je ne serais pas surpris de bouffer une dent d’ici quelques temps, j’avais pris des pains en sabrant la jungle en promenade mais celui-là, un bon gros « punch » je vais certainement le garder en mémoire vive : mon quatrième poteau est toujours otage des hauteurs.

Et pendant ce temps ça massacre du bon journaliste pour qu’on protège mieux les mauvais ?

Ce pdf de Lordon est excellent, c’est pour ça que je vous en cause encore, par contre pour président veuillez noter que j’ai trouvé son allocution solennelle complètement bidon, et pourtant avec pareil actualité y avait moyen de se préparer un peu. Non mais quel pignouf, 4 minutes qui ne passeront pas à l’école des présidents. Comment peut-on autant bafouiller le mot épreuve, sûrement à pensant à une miraculeuse réélection.

Bon je mets pas les tags qui vont bien, s’ils veulent des mal pensants, z’on qu’à chercher ;)


Voilà bien quelques jours, chemin faisant, je me dis que dans le tourbillon des réseaux il est bien quelque abonné à se demander ce que Djefbernier fabrique dans « sa » vallée Tahitienne en bisbille foncier avec le Territoire (c’est comme çà qu’on appelle l’administration maohi). Permaculteur en herbe que ne blogues-tu plus souvent un pti rapport d’activité ??


Oui donc d’abord, comment vais-je : mes aptitudes physiques ont eu maille à partir et fort à faire avec le chikungunia, la météo de saison (très arrosée), la montagne, l’assiduité et les fêtes, hebdomadaires comme chacun sait. Les uns dans les autres chacun mérite à l’aise un billet, j’ai bien maigri. La faute aux rivières de sueur. Que d’aventures, vil égoïste, il se fait que j’ai tout gardé pour moi ; pas seulement parce qu’il n’est pas bon de trop se regarder le nombril à l’oreille d’inconnus. Devant l’immensité du pari qui me fait face pondre du texte m’apparaît un tantinet dérisoire, mais on n’est pas des machines c’est l’occasion de faire relâche. Au quotidien internet c’est loin et je me figure que moins j’y touche, moins j’ai envie, c’est mal je sais j’ai honte. D’un autre côté, d’un autre côté, je prépare l’avenir de ma tribu loin des grandes oreilles…


Ce jour c’est une occasion spéciale. J’ai eu le bonjour de la branche de Frakata. Il s’en est fallu d’un cheveu que ce soit sur la tête qu’elle ne me cueille. Et dire que j’attendais qu’elle tombe ; à priori au meilleur endroit pour saisir le spectacle.

~ Qu’est ce que tu foutais là ?

Bonne question, merci de me la poser : c’est que pour construire ma cabane il me faut des poteaux. J’en ai mais ce n’est pas du premier choix et au cours d’une promenade j’ai découvert six miconias bien hauts, bien droits, aux troncs couverts de mousse verte, gage d’extrême solidité. Et j’aime les mezzanines. En un coup d’œil j’ai su que j’allais abattre le tout, à la chaîne et pour la bonne cause. Rien n’étant parfait la zone de coupe est un peu loin du chantier, qu’à cela ne tienne, j’ai préparé le chemin. Qu’est ce que c’est lourd comme bois, une grosse grosse densité, je ne me suis douté de rien !!


Tout pour que le transport soit facilité s’est avéré être une bonne idée, je m’en suis félicité, ce n’était pas du luxe avec toutes ces lianes qui maillent la pente.


J’ai comme de juste sué à grosses gouttes, moult fois me suis arcbouté en pure perte et puis fait quelques glissades. Un tronc a bien failli rouler sur ma jambe, mais ce qui m’a le plus surpris c’est que ce convoyage fut moins dur qu’attendu. L’effort fut fun pour tout dire, il me restait un dernier voyage et l’énergie de procéder au centuple (environ).


The last but not the least, Tada !


Un dernier coup de collier et j’allais censément découvrir le gabarit de chez moi. Je pensais déjà profondeur du trou, cailloux, ciment, à deux bras de plus aussi…


A peine commencé de tracter le dernier tronc la canopée a laissé tomber un bon paquet de bois mort, au jugé trente mètres en devant, sans préavis comme c’est l’usage. Le coin s’anima de craquements. Parti en reconnaissance mais n’ayant rien vu de ce bois mort sur le sentier nouvellement dégagé je me suis demandé si j’avais le temps de passer avant qu’une branche ne tombe, la chose ne faisant pas le moindre doute.

Etrangement j’étais assez confiant de la voir tomber sur le côté, à cause du bois mort introuvable. Le Frakata a cette réputation non usurpée de céder d’un coup, une saloperie de bois dangereux, gorgé d’eau, même les charbonniers n’en veulent pas. Plus, c’est un arbre géant, donc la curiosité et l’envie de jouer de prudence m’ont finalement scotché. Et j’attends au pied de l’arbre… si si.


Deux trois minutes durant quoi tous les moustiques du quartier convergent sur moi. Après une nouvelle plainte sans suite, je sers le poing tel le sorcier M’buiti pointe du doigt, allez tombe !


Puis tout s’est accéléré, moi le nez en l’air les deux mains sur le tronc de l’arbre en souffrance, monumental, je ne vous dis pas pour le bruit ! « Si j’aurais su », la monstrueuse section de branche a terminé sa dégringolade juste à l’endroit où je me tenais.


Dans les dernières fractions de seconde de sa chute, je vous jure que je n’étais pas aux commandes de ma personne, cependant j’ai bougé, ou alors comme j’ai été heurté, cela explique le mouvement, mais alors j’aurais fatalement terminé en pulpe vu la taille de la branche, j’ai laissé échappé un « Ouah ». Je crois que c’était la bonne ponctuation pour ce moment époustouflant.


Le dernier poteau de miconia à mes pieds et que je peinais à tracter quelques minutes plus tôt a été projeté en arrière et en contrebas, c’est peut-être bien lui qui m’a battu…


La mega branche est tombée en long, pile sur mon chemin tout propre. Je ne me suis pas attardé et suis vite redescendu. Par expérience je sais que dans ces cas-là il faut prendre une douche de toute urgence.


Là j’ai un peu très mal sur deux côtes, ça n’est que musculaire mais quelle journée. Quand je pense que j’avais le temps de passer et que j’ai peut-être été blessé par excès de prudence. Mais quand je revois cette branche à terre, le sol a tremblé d’une force ; et ma position, quelle drôle d’idée ! J’augure que j’étais plus fatigué qu’il n’y paraissait, un Dolicrâne et ce fut lundi.


Mon voisin m’a dit, faut faire attention… D’un certain point de vue c’est que j’ai fait. Merci mon ange gardien.